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Le harcèlement scolaire

Crédit de l'image : Lee Morley sur Flickr.
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des Françaises ont subi le harcèlement de rue avant 17 ans.
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des lycéens sont victimes de harcèlement scolaire.

Définition du harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire a été défini en 1993 par Dan Olweus, professeur de psychologie norvégien : « Un élève est victime de harcèlement lorsqu’il est soumis de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le blesser ou le mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. Il s’agit d’une situation intentionnellement agressive, induisant une relation d’asservissement psychologique, qui se répète régulièrement¹. »

 

Autres définitions utiles

  • agression : acte ou propos violent à l’égard d’une ou plusieurs personnes, destiné à blesser la personne, ou ce qu’elle représente
  • discrimination : action de traiter une personne de manière moins favorable qu’une autre personne sur un critère illégitime (origines, nationalité, orientation sexuelle, genre, croyances politiques ou religieuses)

 

Différents types de violences à l’École

Les violences scolaires peuvent être d’ordre physique, verbal ou sexuel. Elles peuvent être ou non : en ligne (cyberviolences) ; volontaires ; répetées ; basées sur principes discriminatoires. Dans tous les cas, elles ont pour effet de porter atteinte à l’intégrité d’une personne, pouvant ainsi nuire à sa réussite scolaire (décrochage, baisse de notes, mauvais comportement) comme à sa santé mentale (suicide, dépression).

Le harcèlement ne touche pas seulement les autres : un élève sur dix serait victime de harcèlement scolaire, selon une étude de l’Observatoire de la violence scolaire²
La fin de l’école primaire et le collège sont les années où les élèves sont le plus susceptibles de subir des agressions en milieu scolaire : la tranche des 12-14 ans est la plus exposée au risque de harcèlement3Toutefois, le harcèlement scolaire peut être présent à tous les âges, même lors des études supérieures.
Aujourd’hui, le harcèlement se manifeste également par le biais d’internet et des nouvelles technologies, on parle alors de cyber-harcèlement. Le cyber-harcèlement peut se manifester par la publication de photos compromettantes (ce qui est évidemment interdit), de commentaires menaçants, moqueries, de la réception de messages agressifs répétée, etc. Le cyber-harcèlement est un harcèlement scolaire qui poursuit la victime jusqu’à son domicile, par l’intermédiaire des réseaux sociaux. 

 

Le harcèlement, quelle conséquences ?

  • Sur la personne harcelée: elles sont très importantes. Une personne harcelée peut tomber dans la dépression, ne plus vouloir aller au lycée, refuser de l’aide, boire, fumer pour fuir la réalité, etc. Dans des cas extrêmes mais réels, le harcèlement mène au suicide. Une étude psychologique estime qu’il y plus de conséquences négatives pour une personne harcelée par ses pairs que pour un enfant maltraité4
  • Mais il y a aussi des conséquences sur la personne qui harcèle. Un·e « harceleur » peut être très bien lui ou elle-même une victime (chez lui ou chez elle par exemple) ; alerter quelqu’un du harcèlement peut aider et le ou la harcelé·e et le ou la « harceleur·euse ». Il existe différents types de personnes qui harcèlent5 :
    • Un élève qui ne veut pas être exclu du groupe et fait comme tout le monde.
    • Un élève ex-harcelé qui reproduit ce qu’il a vécu.
    • Un élève qui n’éprouve pas de compassion pour l’autre.

Beaucoup d’élèves qui harcèlent se sentent coupables ensuite6. D’autres se marginalisent, et peuvent devenir réellement violents : on dénombre deux fois plus de condamnations d’anciens « harceleurs » à des peines pour violence entre leurs 15 et 20 ans que chez des non-« harceleurs ». À 48 ans, les ex-« harceleurs » sont deux fois plus à estimer leur vie sociale « ratée » que les adultes qui n’étaient pas « harceleurs » au collège7.

 

Le triangle harceleur·euse – harcelé·e – témoin·te

Harceleur, harcelé et témoin forment un triangle où les rôles peuvent s’inverser : les témoins peuvent devenir victimes du harceleur ou reproduire le harcèlement ailleurs ; le harcèleur est souvent la victime de quelqu’un d’autre et ne trouve pour seul moyen d’alléger sa souffrance que de reproduire ce qu’il subit ; de même, le harcelé peut devenir harceleur.

  • Des sanctions internes, prises par le chef d’établissement ou par le conseil de discipline.
  • Des sanctions pénales. On ne peut que vous inviter, si vous êtes harcelé, à aller porter plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie (ils n’ont pas le droit de refuser de prendre une plainte). 
    • Le harcèlement moral, défini comme « le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale », peut être puni au maximum d’une année d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende9
    • Lorsqu’il est commis sur une personne de moins de 15 ans, et/ou en ligne, et/ou dans d’autres circonstances aggravantes, le harcèlement peut être puni au maximum de deux ans de prison et de 30 000 € d’amende10

Généralement, le simple fait de faire convoquer le ou la « harceleur » par le proviseur voire à la police arrête net le harcèlement.

Il est impératif d’agir.

Nous avons tous à coeur de lutter contre les agressions, les discriminations et le harcèlement. Que ces derniers soient d’ordre physique, moral ou sexuel, il est évident qu’ils n’ont pas leur place dans nos écoles. Mais comment lutter contre les discriminations, les agressions et le harcèlement scolaire ? Comment agir lorsqu’on en est victime ou témoin? Et avant tout, comment s’assurer que nous n’en sommes pas nous-mêmes auteur ?

 

Que faire face à une situation de harcèlement ?

Vous pouvez aller voir l’infirmier ou un autre membre du personnel médical, le psychologue scolaire le CPE ou encore un professeur de votre établissement si vous êtes victime ou témoin d’un acte de harcèlement.

L’établissement peut très bien sanctionner des élèves coupables de harcèlement, même si celui-ci est effectué en ligne, et/ou en dehors des cours, comme le rappelle la circulaire n°2014-059 du 27-5-2015 : «  un harcèlement sur internet entres élèves […] de nature à justifier une sanction disciplinaire ». Le chef d’établissement est dans l’obligation d’agir s’il est informé d’une situation de harcèlement. S’il ne le fait pas, contactez-nous rapidement 

 

  • « Stop harcèlement » au 30 20 (anciennement 0808 807 010). Il s’agit un numéro d’aide, de conseil et d’écoute pour les personnes victimes de harcèlement. Il n’est malheureusement ouvert que du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h et est fermé les jours fériés, du 15 juillet au 17 août ainsi que du 23 décembre au 6 janvier. 
  • « Net Écoute » au 0800 200 000 : aide, conseil et écoute pour les personnes victimes de cyber-harcèlement. Numéro gratuit, anonyme, confidentiel (il n’apparaît pas sur les factures téléphoniques), ouvert du lundi au vendredi de 9h. à 19h.
  • Le 119 : gratuit, anonyme et confidentiel, accessible 24h./24 et 7j./7. 
  • Vous pouvez également nous appeler au 03 39 29 01 02.

 

Les ambassadeurs lycéens contre le harcèlement

En octobre 2015, le Conseil national de la vie lycéenne (CNVL) et la mission ministérielle pour la prévention et la lutte contre les violences en milieu scolaire lancent le dispositif des « ambassadeurs lycéens contre le harcèlement ».

Ils doivent nécessairement recevoir une formation d’une journée, dispensée par une personne qualifiée – référent harcèlement académique ou départemental ou toute autre personne formée sur cette question et connaissant les outils de la politique ministérielle Les adultes ressources des établissements peuvent être invités à cette journée de formation mais les élèves doivent rester au cœur de cette journée.

Les amabassadeurs ont deux missions qui doivent guider leur projet :

  • sensibiliser :
  • intervenir : adultes de leur établissement, lesquels prendront en charge le règlement de la situation



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