Nos actions

APB illégale ? DL prépare un Guide des recours !

Par droitsdeslyceens | Le 31/05/2016

Devant l'absence de réponse concrète à ses demandes, Droits des lycéens entame de nouvelles actions. Pour tout savoir, cliquez ici !

Première Assemblée Générale Ordinaire de DL

Par droitsdeslyceens | Le 28/05/2016 | Dans La vie de l'association

Droits des lycéens ayant fêté sa première année, il était temps de tenir la première Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de l'association. Y participaient des membres de DL de toute la France, certains étant connectés par visioconférence ! Vous pouvez télécharger le procès-verbal en cliquant ici.

N'oubliez pas que vous pouvez adhérer ou nous faire un don :)

Oraux du bac : attention aux portables !

Par droitsdeslyceens | Le 13/05/2016

Phone
Au moins, avec ça, vous ne risquez pas de le laisser dans votre poche. CC Tom Adamson sur Flickr. 

Nous avons été contactés plusieurs fois depuis quelques semaines par des élèves en terminale qui ont passé leur oral de langue, et qui avaient laissé leur téléphone portable dans leur poche pendant l'épreuve. L'examinateur s'en est aperçu, si bien que ces lycéens sont maintenant visés par une procédure pour fraude au baccalauréat. Pour rappel, la procédure de fraude, c'est plutôt sérieux : ça signifie ne pas connaître ses notes avant septembre, risquer de ne pas partir en vacances car les commissions peuvent se tenir l'été, et avoir une chance d'être sanctionné, jusqu'à cinq ans d'interdiction de passer le baccalauréat. Un élève qui avait simplement eu le téléphone dans sa poche pendant l'examen nous avait contactés après avoir appris sa sanction… de deux ans d'interdiction de baccalauréat. 

Donc, si vous passez le baccalauréat, n'oubliez pas de mettre votre téléphone dans votre sac ; et utilisez les feuilles fournies, aussi (et bon courage :)). 

Les problèmes d'APB en 8 questions

Par droitsdeslyceens | Le 10/04/2016

Vous avez peut-être lu des articles sur notre action concernant APB, ou notre communiqué de presse sur la question. Vous n'avez rien compris ? On répond ici à vos questions. 

Point d'interrogation dans le ciel de Montréal
"Point d'interrogation", par Nicolas Marchildon sur Flickr.

APB… qu'est-ce que c'est que ce truc ? 

APB, c'est le sigle d'Admission post-bac, une plate-forme en ligne sur laquelle tous les lycéens en terminale de France s'inscrivent et entrent des vœux concernant leurs souhaits d'orientation après le baccalauréat. Mais APB, c'est aussi un algorithme qui affecte les candidats selon leurs vœux. 

Droits des lycéens a un an !

Par droitsdeslyceens | Le 02/04/2016 | Dans La vie de l'association

Cela fait maintenant un an que Cléo Alduy, Mélina Champernaud, Loïc Le Morvan et moi-même avons fondé cette belle association qui a aujourd'hui pile 12 mois ! Depuis avril 2015, nous avons aidé des dizaines de lycéens, et accompagné des milliers d'autres. Pour l'occasion, voici une petite infographie réalisée par nos soins… joyeux anniversaire DL !

Infographie DL

APB est-elle illégale ?

Par droitsdeslyceens | Le 05/03/2016

Vous êtes en terminale ? Vous vous êtes donc inscrit sur APB. Et bien, sachez que le dispositif est plus opaque que ne paraît son interface épurée… pire, le "tirage au sort" pratiqué pour les L1 pourrait bien être illégal. Pour en savoir plus, nous avons interviewé Maître Merlet-Bonnan, avocat en droit public et co-auteur d'un article sur la question

L'orientation : quelles études faire après le bac ?

Par droitsdeslyceens | Le 18/12/2015

Lost?
Un homme perdu : "Lost?", par Clement127 sur Flickr (licence CC).

Du 20 janvier au 20 mars 2016, les lycéens de terminale devront s'inscrire via le dispositif "Admission Post-Bac" (APB) à des cursus d'école supérieure. Mais que mettre sur APB ? Comment faire un choix ?

Voici quelques bons plans pour trouver des conseils : 

 

[VIDÉO] Les tutos de DL

Par droitsdeslyceens | Le 26/11/2015

Droits des lycéens présente sa première vidéo, à prendre au second degré… même si les punitions collectives sont belles et bien interdites dans les lycées publics ! 

 

Découvrez notre dépliant sur les droits des lycéens !

Par droitsdeslyceens | Le 26/10/2015

  • En partenariat avec l'UNL-75 – la section locale d'un syndicat lycéen, nous avons réalisé un dépliant sur les droits lycéens, qui sera imprimé en plusieurs milliers d'exemplaires et distribué dans la région parisienne. 

Dépliant droits lycéens


"Droits des lycéens" est une association. Cliquez ici pour en savoir plus. 

Un nouveau logo...

Par droitsdeslyceens | Le 23/10/2015

Chez "Droits des lycéens", même si le droit n'est pas votre passion, vous trouverez toujours le moyen d'être occupé ! Pour fêter notre trois-centième abonné à notre page Facebook, un membre observateur de l'association a créé, en écoutant patiemment nos propositions et débats, un nouveau logo... voyez la différence !

Logo avant apres

Un grand merci à Clément Lanot !


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Me Piau : "Il y a une méconnaissance du droit au sein des établissements scolaires"

Par droitsdeslyceens | Le 02/09/2015

Me Valérie Piau est avocat au barreau de Paris. Spécialisée dans le droit de l’éducation, elle accompagne au quotidien des lycéens sous le coup d’une procédure disciplinaire. Elle est notamment l’auteur du Guide Piau – Les droits des élèves et des parents d’élèves, qui fournit une documentation assez complète sur le sujet. Elle a accepté de répondre aux questions des membres de "Droits des lycéens". On a parlé pêle-mêle de confiscation de téléphone portable, de conseils de discipline, de la fraude au bac, ou encore du droit dans les établissements privés... 

 

Vale rie piau

La connaissance du droit de l’éducation

Pensez-vous que les droits des lycéens sont assez connus dans les établissements scolaires ?

Il y a une méconnaissance du droit, des règles édictées par l’éducation nationale, au sein des établissements scolaires. Les lycéens ne savent pas forcément ce qui est autorisé ou interdit, mais ils ne sont pas les seuls ; des professeurs, des chefs d’établissement sont parfois dans le même cas. Beaucoup de gens ne savent même pas qu’il existe un code de l’éducation ! Cela est dû à sa création relativement récente : il date du début des années 2000.

 

Certains sont même idéologiquement contre le fait de faire entrer le droit à l’école, qu’ils voient comme un remise en cause de l’autorité des adultes...

Défendre les droits des élèves, ce n’est pas défendre le pouvoir des élèves. Je ne suis absolument pas pour un « enfant roi » tout puissant. Mais l’autorité doit savoir respecter ses propres règles ; si le ministère de l’Éducation nationale les a édictées, c’est bien qu’il y a une raison. Implanter le droit à l’école ne passe pas forcément par le conflit ; j’ai participé à des formations pour des chefs d’établissement, et constate que l’intérêt pour le droit, dans ces professions, progresse peu à peu.

 

Que faire quand ses droits ne sont pas respectés ?

Il ne faut pas négliger l’efficacité d’un simple dialogue avec la personne en cause. Mais si ça bloque, il faut agir. Le fonctionnement de l’éducation nationale est pyramidale ; il faut donc saisir le DASEN, un supérieur pour briser l’autarcie et faire intervenir quelqu’un d’extérieur à l’établissement.

 

Des élèves nous contactent par exemple parce qu’il se sont vu confisquer leur téléphone portable...

... ce qui est interdit, ou plutôt ce qui n’est pas autorisé. Les sanctions applicables sont listées par le code de l’éducation, la confiscation d’un téléphone portable n’y figure pas. On peut seulement confisquer un objet lorsqu’il représente un danger. Là encore, attention, ça ne veut pas dire que je suis pour ne pas punir des élèves utilisant leur portable en cours – il faut les sanctionner, mais en respectant les règles.

 

Vous donniez comme exemple qu’un policier qui arrête un automobiliste téléphonant en conduisant va certes le sanctionner, mais ne lui confisquera pas son portable...

Voilà. C’est une atteinte importante au droit de propriété. N’oublions pas non plus qu’en confisquant un objet, le professeur en devient responsable. Comme un état des lieux n’est pas effectué, il peut très bien y avoir un conflit si l’élève estime que son objet a été détérioré... et ce sera l’adulte le responsable.

 

Le conseil de discipline

Une instance qui nous choque pour son absence de respect des règles fondamentales du droit est le conseil de discipline. Avez-vous déjà accompagné des lycéens à un conseil ?

Ça m’est arrivé plusieurs fois.

 

Se faire accompagner d’un conseil ne risque-t-il pas d’être mal vu par les membres du conseil ?

C’est un droit de présenter ses arguments avec l’aide d’un professionnel. Du reste, il y a toujours des gens qui penseront que prendre un avocat veut dire qu’on a quelque chose à se reprocher, ce qui n’est évidemment pas le cas. Pas grand’ monde ne va devant un tribunal sans un défenseur, même ceux qui n’ont rien à se reprocher.

 

Ce n’est pas quand même risqué de venir à un conseil de discipline accompagné d’un avocat ?

Mon opinion sur la question a évolué. Il ne faut pas oublier que bien souvent, le chef d’établissement a prévu une exclusion définitive lorsqu’il réunit un conseil de discipline. On ne peut donc qu’améliorer la sanction, en proposant des alternatives, à l’image de la mesure de responsabilisation presque jamais utilisée.

 

Que pensez-vous du déroulement du conseil de discipline ?

Le conseil de discipline est très dur pour l’élève, qui est placé face à une quinzaine de personnes sans qu’il y ait toujours un vrai respect du contradictoire. Beaucoup de personnes qui vont passer en conseil de discipline ne savent pas qu’elles peuvent demander au chef d’établissement une copie du dossier pour l’étudier chez elles, qu’elles peuvent faire venir des témoins, etc. Souvent, le conseil de discipline ne laisse pas l’élève bien se défendre, et reste assez expéditif, avec une exclusion définitive à la clef. Lorsque j’interviens, j’insiste pour revoir un à un les témoignages, les incohérences, les éléments qui accusent l’élève... ça dure deux, voire trois heures ! C’est un combat, souvent plus difficile que devant un magistrat professionnel, car il faut déjà faire admettre aux membres du conseil le simple fait que l’on peut discuter les accusations.

 

Ce qui est compliqué par l’absence de formation juridique des membres du conseil de discipline...

Exactement. Les membres du conseil de discipline jugent moins en droit que des juges professionnels, et prennent davantage en compte l’affect. Il est parfois difficile de présenter un vice de prodédure devant le conseil de discipline. Mon travail sera également de présenter la personnalité de l’élève sous un angle de vue différent de celui qui est dans le dossier, qui n’est pas forcément très objectif.

 

C’est un problème qui revient souvent lorsque l’on parle des conseils de discipline : l’objectivité. 

C’est sûr : le chef d’établissement mène l’enquête, saisit le conseil, le préside, et propose une sanction. Il lui faudrait un grand courage intellectuel pour contredire son enquête – et dans une certaine mesure se désavouer – si l’innocence de l’élève apparaissait pendant le conseil ! Une solution serait de créer des conseils de discipline extérieurs... d’autant plus qu’il arrive que le chef d’établissement saisisse le conseil de discipline au vu des pressions internes lui demandant l’exclusion d’un élève. Créer un conseil de discipline composé de personnes extérieures à l’établissement permettrait d’éviter ce mélange des casquettes qui est contraire à ce que préconisent les standards internationaux garantissant un procès juste et équitable.

 

Comment contester une décision du conseil de discipline devant le juge ?

Avant de pouvoir saisir le juge administratif, il faut d’abord faire appel de la décision du conseil de discipline devant le recteur. C’est la décision du recteur que l’on pourra attaquer devant le tribunal. Les délais sont longs, de l’ordre d’un an environ. En plus, l’appel n’est pas suspensif, ce qui signifie que l’élève est exclu et affecté dans un autre établissement le temps qu’aboutisse la procédure. C’est sûr qu’ici, le temps joue contre l’élève. Toutefois, s’il y a une illégalité criante dans la procédure, on peut saisir le juge administratif en référé-suspension, une procédure d’urgence qui ne dure qu’une quinzaine de jours. Attention, cette procédure n’est possible qu’en cas d’erreur manifeste sur le plan du droit. Si l’on veut simplement annuler la sanction car on l’estime disproportionnée – ce qui est possible – il faudra passer par la procédure classique, que l’on appelle une requête en annulation. En procédure classique, le juge vérifie la matérialité des faits, mais également la proportionnalité de la sanction ; si la sanction est trop sévère par rapport aux faits reprochés, il peut l’annuler.

Un autre problème qui se pose reste celui de la re-scolarisation. Beaucoup de gens croient que passé 16 ans, l’éducation nationale n’est plus dans l’obligation de réaffecter un élève exclu définitivement. C’est faux : l’instruction est obligatoire jusqu’à 16 ans, mais reste un droit après.

 

La commission de discipline pour la fraude au bac

Les mêmes problèmes se posent-ils concernant la commission de discipline réprimant la fraude au bac ?

Pas vraiment. D’abord parce que la commission est composée de membres extérieurs, et que donc le problème de la partialité se pose moins. Ensuite, parce que vu les enjeux, l’on reproche moins à un élève de prendre un avocat. La commission de discipline peut très bien décider d’interdire à un élève de repasser le bac, et ce pour une durée allant jusqu’à cinq ans ! C’est très handicapant, surtout dans la situation économique actuelle. Heureusement, une sanction de cette importance n’est appliquée que dans les cas les plus graves, d’échanges d’identités par exemple. Il y a de plus en plus de condamnations, mais la sévérité n’est plus aussi importante qu’auparavant. Pour ce qui est d’une antisèche classique, l’on peut espérer avoir seulement un blâme, et un zéro à l’épreuve concernée – ce qui est déjà grave. À savoir aussi, en parlant du bac : si vous ratez l’examen, c’est à votre établissement d’origine de vous accepter ; il ne peut refuser qu’exceptionnellement, s’il n’y a vraiment pas de place. C’est aussi quelque chose qui n’est pas souvent respecté.

 

Le droit et les lycées privés

Quels droits des élèves doivent respecter les établissements privés ?

Pour ce qui est des établissement sous contrat avec l’État, le ministère ne vérifie que le côté pédagogique : si les programmes sont bien suivis, etc. Pour ce qui est des règles dans une procédure disciplinaire, les établissements privés – qu’ils soient sous contrat ou non – doivent seulement respecter leur règlement intérieur. Toutefois, il existe également pour ce qui est des établissements catholiques des préconisations de la direction diocésaine avec une charte prévoyant des garanties en matière disciplinaire. En cas de litige, c’est un tribunal civil qui intervient, et non le juge administratif.

Par exemple, pour l’exclusion définitive, il n’y a pas d’appel possible de la décision du conseil de discipline, quand il y a un conseil de discipline – il faut que celui-ci soit prévu par le règlement intérieur. Parfois, le règlement intérieur ne prévoit rien, si bien qu’on est dans un flou juridique total.

 

Pour ce qui est des punitions collectives par exemple, si la circulaire les interdisant ne peut pas s’appliquer aux lycées privés, ne peut-on pas tout de même invoquer le principe individualisation de la sanction ?

Si, bien sûr. Mais ça reste assez compliqué, le chef d’établissement privé faisant souvent état d’un éventuel refus de réinscription de l’élève dont les parents seraient trop vindicatifs.

 

Le droit des élèves est un combat quotidien ! 

(Rires) Tout à fait ! Il faut réussir à faire admettre que les établissements scolaires sont également régis par le droit, doivent respecter et faire respecter celui-ci. Un lycée ne doit pas avoir un fonctionnement en vase clos, hermétique. Il existe des règles, qui s’appliquent à tous, sans exception.

 

Interview réalisée par Clément Baillon. Questions des membres de l'association Droits des lycéens. 

Sommes-nous notés objectivement ?

Par droitsdeslyceens | Le 31/08/2015 | Dans Billets d'humeur

Vous avez passé votre bac en juin, et vous avez eu une mauvaise note ? Ce n'est peut-être pas dû à votre manque de travail ! Vous avez eu une bonne note ? Ce n'est peut-être pas dû à votre génie !

School
Parfois, la notation rend perplexe...  CC CollegeDegrees360 on Flickr

 

La notation fait partie intégrante du système éducatif français : de l’école primaire jusqu’à la fin des études supérieures, les productions des élèves sont fréquemment et régulièrement notées. Pour l’élève, la note fait office de jugement intellectuel, pour le professeur elle peut être utilisée plus ou moins indirectement comme un instrument de pouvoir sur les élèves traduisant une gratification ou une sanction. Son rôle est donc d’une ampleur non négligeable. Pourtant, depuis le début du XXe siècle, de nombreuses études démontrent que la note mais aussi l’appréciation varient grandement d’un professeur à l’autre, et ce qu’il s’agisse d’une évaluation normal dans l’année ou d’un examen comme le brevet ou le bac.

 

Origines des différences de notation

 

Les différences de notation au cours de l’année dépendent de plusieurs facteurs, mis en évidence par différents chercheurs :

  • Selon l’établissement fréquenté : les établissements accueillant des élèves de classe populaire et de faible niveau scolaire ont tendance à mieux noter que ceux scolarisant un public plus favorisé et de niveau scolaire élevé1.
  • Selon les notes antérieures et la classe sociale de l’élève : comme l’explique le sociologue Pierre Merle dans Le Figaro2 « tout commence en début d’année, lorsque le professeur demande à l’élève de remplir une fiche sur son niveau scolaire estimé, ses notes antérieures ou la profession de ses parents. Les élèves supposés brillants au départ le restent ainsi toute l’année même après un examen blanc où leurs copies anonymes ont obtenu des notes qui n’avaient rien d’exceptionnel. La question sur les parents permet aussi de repérer les enfants d’enseignants et collègues qu’il ne faudrait pas noter avec trop de désinvolture. » Ainsi, un enfant de cadre sera noté plus largement qu’un enfant d’ouvrier et un enfant non redoublant sera noté plus gentiment qu’un autre ayant redoublé3.
  • Selon le sexe et l’apparence physique de l’élève : les filles sont notées avec plus de tolérance que les garçons car elles bénéficient d’une image plus sérieuse et studieuse4. Plus étonnant, les élèves qui viennent en classe habillés sobrement (couleur noir par exemple) seraient aussi notés plus largement5.  Les recherches ont aussi montré qu’il existe un effet positif de l’attractivité du visage.
  • Selon la place de la copie dans le tas : les copies placées dans le premier tiers d’un paquet sont notées avec plus d’indulgence que les autres. Si le correcteur vient de lire une excellente copie, il aura tendance à être plus sévère avec la suivante6, 7. Il y a également l'effet dit de la cloche de Gauss. Un enseignant tend toujours, de façon mécanique, à ajuster la répartition des notes au sein d'un groupe de copie, quel que soit leur niveau pour les répartir en forme de "cloche" : très peu de notes extrêmes, beaucoup de notes moyennes.
  • Selon l’état physique et mental du correcteur : la fatigue et l’humeur du correcteur au moment de la correction peuvent également influer sur la note.

Les uns ou les autres gagnent ou perdent un, deux ou trois points selon ces différents paramètres. Ces relations imparfaites tiennent au fait que la notation est toujours contextualisée : elle est attribuée à un instant T, par un enseignant, dans une classe, dans un établissement et à un élève particulier.

 

Le constat : des écarts de notation importants suivant le correcteur

 

Les copies d’examen, corrigées de manière anonymes, échappent à certaines de ces différenciations. Pourtant, les injustices y sont encore plus grandes : voici les notes obtenues par une même copie de SES corrigée par 34 correcteurs9. L’écart de 10 point entre la pire et la meilleure note est stupéfiant :

 


Différences de notation de la même copie par différents correcteurs

 

Autres constats de Bruno Suchaut : un professeur ne reste pas fidèle à sa notation. Le professeur qui notera le plus sévèrement une copie ne sera pas celui qui notera la plus sévèrement la suivante. Les appréciations peuvent également être totalement opposées : comme on peut le voir ici, deux professeurs peuvent, pour la même copie, faire des compliments ou des reproches en totale contradiction l’un par rapport à l’autre :

Différence d'appréciation d'une même copie entre des correcteurs
Différences d'appréciation d'une même copie entre deux correcteurs

 

D’autres travaux ont démontré les mêmes injustices sur des sujets de philosophie et de français. Une étude qui remonte à 1962 et concluait que, pour obtenir une note « juste » aux épreuves du bac, il faudrait faire la moyenne de celles données par 13 correcteurs en maths, 78 en français et 127 en philo...

Alors quelles sont les causes de ces différences, si la copie est corrigée de manière anonyme ?

La place de la copie dans le tas et l’humeur du correcteur ne peuvent suffire à expliquer ce gouffre de 10 points entre la pire et la meilleure note. On peut cependant émettre les hypothèses suivantes :

  • L’absence de repère du correcteur, livré à lui-même : le barème imprécis, basé grandement sur l’interprétation du correcteur, favorise les injustices. Si l’écart de notes est encore plus grand aux examens qu’au cours du contrôle continu, c’est aussi peut-être parce que le professeur ne dispose plus de repère sur l’élève (classe sociale, notes antérieures). Comme l’explique un professeur de français toujours dans Le Figaro :  « anonymement, c’est facile de mettre 3 ou 4 mais quand on connaît l’élève, qu’on sait qu’il n’est pas con, ce n’est pas si simple… » 
  • La liberté presque totale : les commissions d’harmonisations, même si elles réduisent un peu les écarts de notes, ne permettent cependant pas l’équité : en effet, selon mon professeur d’histoire, beaucoup d’examinateurs n’y vont pas car ils ne veulent pas prendre sur leur temps personnel et/ou la jugent inutile. De plus, seule quelques copies sont examinées par la commission, et lorsqu’on sait que le professeur qui notera le plus sévèrement une copie ne sera pas celui qui notera le plus sévèrement la suivante, on comprend que cela ne sert pas à grand' chose.    

 

Les conséquences des aléas de la notation sur les élèves ne sont pas négligeables :

 

  • Au niveau psychologique : la réussite scolaire conditionne grandement la vie professionnelle et sociale. De ce fait la validation des acquis prend une importance énorme et parfois exessive dans la vie de l'élève ou de l'étudiant. Les examens sont donc source d’angoisse et de stress non négligeables.
  • Au niveau social : tout au long du cursus scolaire, la notation va témoigner de la réussite ou de l’échec de l’élève. Or, on connaît les conséquences de l'échec sur les comportements des élèves : la réussite a tendance à engendrer la réussite et l'échec à engendrer l'échec.

 

Quelles solutions ?

 

Si vous avez été mal noté par votre professeur, vous pouvez toujours tenter de vous faire expliquer la note pour tenter de comprendre sa façon de faire et s'adapter à lui. Lors d’un examen, il est impossible de contester sa note, le jury étant souverain. Même en cas d’erreur grossière – oubli d’un point par exemple – il vous sera impossible d’obtenir gain de cause.

En tant que lycéens, nous nous devons de réclamer le droit d’être notés équitablement, mais pour cela comment faire ? Peut-on vraiment noter d’une manière juste ? Faut-il en finir avec le brevet ou le bac, trop arbitraire, ou au contraire le renforcer, pour éviter les discriminations entre élèves ? La double correction est-elle la bonne solution, ou serait-ce de l’argent public gâché ?

 

Et d’une manière générale les notes sont-elles vraiment nécessaires à l’éducation intellectuelle ?

 

Loïc Le Morvan
Vice-Président

 

 


Notes : 

  1. Duru-Bellat, Minga, 1993 Pour une approche analytique du fonctionnement du système éducatif, PUF, 1993.

  2. Pech, "Enquête sur les notes au bac", LeFigaro.fr Étudiant, 12-6-2013, accessible en ligne ici.

  3. Bonniol, Caverni, Noizet, "Le statut scolaire des élèves comme déterminant de l’évaluation des devoirs qu’ils produisent", Cahiers de psychologie, 1972, n° 15, pp. 83-92.

  4. Spear, 1989, "Sex bias in science teachers’ ratings of work and pupil characteristic", European Journal of Science Education, 1989, vol. 6,  n°4, pp. 369-377.

  5. Nilson, Niasn, Le charme a ses raisons, Tchou, 1977. 

  6. Bonniol, "Les divergences de notation tenant aux effets d’ordre de la correction", Cahiers de psychologie, 1965, n° 8, pp. 181-188.

  7.  Bonniol, Piolat, "Comparaison des effets d’ancrage obtenus dans une tâche d’évaluation. Expérience de multi-correction en mathématique et en anglais", Actes du XVIIe Congrès international de psychologie appliquée, 1971, pp. 1179-1189.

  8. Hartog, Rhodes, An examination of examinations (International Institute Examinations Inquiry), Macmillan, 1935.

  9. Suchaut, "La loterie des notes au bac – Un réexamen de l’arbitraire de la notation des élèves" (Irédu-CNRS et Université de Bourgogne), Les Documents de Travail de l’IREDU, 2008.